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1.5 : Introduction au traitement

Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants – Partie I : Que sont les troubles concomitants ?

Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)

Aperçu : Introduction aux troubles concomitants

Sur cette page : 

Détecter les problèmes de santé mentale et liés à l’utilisation d’une substance

Comme les troubles liés à l’utilisation d’une substance et les troubles de santé mentale ont des symptômes communs, il est souvent difficile de poser un diagnostic définitif au début du traitement. Par exemple, les symptômes de l’intoxication et du sevrage peuvent ressembler beaucoup à ceux des troubles de l’humeur et de l’anxiété. Dans bien des cas, le client doit réduire son utilisation de substances ou y mettre fin avant que le thérapeute ne puisse déterminer si cette personne a un problème lié à l’utilisation d’une substance, un problème de santé mentale ou ces deux types de problèmes.

Le meilleur moyen de distinguer les symptômes des problèmes liés à l’utilisation d’une substance de ceux des problèmes de santé mentale est d’observer la personne lorsqu’elle ne prend pas de substance. Toutefois, les experts ne s’entendent pas sur le temps qui doit s’écouler entre la fin de l’utilisation de la substance et le moment où on peut repérer un problème distinct. En général, la période d’abstinence requise dépend des substances consommées et du problème de santé mentale soupçonné. Par exemple, les drogues qui restent dans l’organisme longtemps (p. ex., les benzodiazépines à action prolongée) peuvent nécessiter une abstinence de plusieurs semaines avant que les symptômes de sevrage ne s’atténuent et qu’on puisse poser un diagnostic précis. Pour ce qui est des drogues qui sont éliminées de l’organisme plus rapidement (p. ex., l’alcool et la cocaïne), l’intoxication et les étapes du sevrage seront sans doute plus courtes. Dans ce cas, on pourrait être en mesure de poser un diagnostic définitif après une période d’abstinence plus courte.

Où peut-on suivre un traitement ?

Les services de traitement des troubles liés à l’utilisation d’une substance sont variés. Ils comprennent la gestion du sevrage, les évaluations et les traitements dispensés dans la collectivité et les services en établissement de courte et de longue durée. Les services de santé mentale comprennent les services psychiatriques dispensés dans les salles d’urgence, les cliniques externes de santé mentale, les soins actifs avec hospitalisation, les soins de longue durée dispensés en établissement et les équipes de traitement communautaire dynamique venant en aide aux personnes qui, auparavant, pouvaient uniquement recevoir des soins en institution. Un grand nombre de personnes ayant un problème de santé mentale ou lié à l’utilisation d’une substance suivent un traitement dispensé par leur médecin de famille ou d’autres fournisseurs de soins primaires.

Un cadre (établi aux États-Unis) indique où les gens sont les plus susceptibles de chercher un traitement. Ils peuvent passer d’un quadrant à un autre pendant qu’ils se remettent d’un problème lié à l’utilisation d’une substance ou d’un problème de santé mentale.

Figure 1-1 : Le cadre à quadrants

 

Le cadre à quadrants indique que lorsqu’une personne a :

  • à la fois un problème lié à l’utilisation d’une substance et un problème de santé mentale peu graves ou modérément graves, elle a surtout recours aux fournisseurs de soins primaires (p. ex., son médecin de famille) et aux fournisseurs de soins communautaires ;
  • un problème lié à l’utilisation d’une substance très grave et un problème de santé mentale peu grave ou modérément grave, elle a surtout recours à des services spécialisés de traitement des troubles liés à l’utilisation d’une substance, auxquels se greffent des services de santé mentale dispensés en collaboration avec les services principaux ;
  • un problème de santé mentale très grave et un problème lié à l’utilisation d’une substance peu grave ou modérément grave, elle a surtout recours à des services de santé mentale spécialisés, auxquels se greffent des services de traitement des troubles liés à l’utilisation d’une substance dispensés en collaboration avec les services principaux ;
  • à la fois un problème lié à l’utilisation d’une substance et un problème de santé mentale très graves, de nombreuses recherches laissent à penser que des soins intégrés dispensés par une équipe multidisciplinaire constituent le moyen le plus efficace de lui accorder une aide et un soutien permanents.

Soins coordonnés

Dans le passé, les services de traitement des troubles liés à l’utilisation d’une substance et les services de santé mentale n’étaient pas très bien coordonnés, chacun s’occupant d’un seul type de problème. On estimait que l’autre problème était secondaire et qu’il disparaîtrait une fois le problème principal réglé. Toutefois, nous savons que si on ne s’occupe pas du problème co-occurrent, les deux problèmes s’aggraveront sans doute et, dans bien des cas, des complications supplémentaires surviendront.

La plupart des collectivités disposent de ressources qui pourraient offrir des programmes axés sur la collaboration. Certaines collectivités offrent déjà de tels programmes. Ailleurs, les responsables des deux systèmes doivent collaborer de façon plus efficace afin de dispenser des soins axés sur le client aux personnes ayant des besoins complexes. Nous discuterons des moyens de ne pas se perdre dans le système de traitement au chapitre 7.

Principes de traitement

Lorsque les soins offerts aux personnes ayant des problèmes de santé mentale et liés à l’utilisation d’une substance sont mieux coordonnés et intégrés, les clients obtiennent de meilleurs résultats. Les initiatives de traitement des troubles concomitants mettent l’accent sur l’amélioration du dépistage et de l’évaluation, des programmes plus spécia­lisés et la coordination (par une personne ou une équipe de traitement) du traitement des troubles de santé mentale et liés à l’utilisation d’une substance. La prestation des soins aux personnes ayant des problèmes co-occurrents repose sur cinq principes :

  1. Les personnes aux prises avec des troubles co-occurrents sont d’abord et avant tout des personnes. Un trop grand nombre d’entre elles paient trop chèrement pour être aux prises avec ces troubles (SAMSHA, 2003).
  2. Les problèmes co-occurrents sont sous-identifiés, mais courants.
  3. Les problèmes co-occurrents sont complexes, mais compréhensibles.
  4. Les problèmes co-occurrents constituent un défi qui peut être relevé par des soins adéquats.
  5. Les problèmes co-occurrents requièrent une intervention qui va au-delà de traitements séparés pour les troubles de santé mentale et ceux qui sont liés à l’utilisation d’une substance.

Les personnes aux prises avec des problèmes co-occurrents de santé mentale et liés à l’utilisation d’une substance sont parmi les plus vulnérables au sein de notre société et de notre système de santé. Des recherches indiquent que si nous adoptons une démarche mieux coordonnée, axée sur la collaboration, pour régler leurs problèmes, elles sont plus susceptibles de réduire leur utilisation d’une substance et de voir leurs fonctions mentales s’améliorer. Pour un grand nombre de personnes, il s’agit d’un processus long et complexe. Dans bien des cas, les membres de la famille sont les compagnons les plus fidèles sur la route qui mène au rétablissement. À un moment ou à un autre, la famille peut être appelée à intervenir, à accorder du soutien et, parfois, à gérer le cas. Nous présentons dans le reste du présent guide des outils et des stratégies qui vous aideront dans ce cheminement.

Guide à l’intention des familles sur les troubles

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