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2.4 : Pourquoi en vient-on à être aux prises avec une addiction ?

Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants – Partie I : Que sont les troubles concomitants ?

Dans : Guide à l’intention des familles sur les troubles concomitants (© 2008)

Aperçu : Problèmes liés à l’utilisation d’une substance

Les personnes qui adoptent un comportement qui leur procure du plaisir n’en viennent pas toutes à être aux prises avec une addiction. À bien des égards, les comportements qui peuvent devenir addictifs sont encouragés ou découragés par des forces sociales plus vastes (p. ex., la publicité) ou par des facteurs propres à la personne (biologiques ou psychologiques). En reconnaissant à quel point les comportements peuvent être gratifiants plutôt qu’en considérant le comportement addictif comme foncièrement mauvais ou entièrement négatif, nous comprendrons mieux les problèmes de la dépendance à une substance ainsi que les autres comportements addictifs.

Comme l’indique le modèle biopsychosocial, les causes des comportements addictifs sont complexes. Elles peuvent comprendre les suivantes :

  • La personne considère généralement que le comportement est très gratifiant. Toutefois, la nature de cette gratification peut varier d’une personne à une autre et peut changer avec le temps. Certaines personnes se sentent gratifiées par les effets énergisants, excitants ou agréables d’une substance ou d’un comportement comme le jeu de hasard et d’argent.
  • Certaines personnes adoptent des comportements addictifs car les effets physio­logiques ou psychologiques qu’elles ressentent atténuent leur douleur physique ou émotionnelle.
  • Les comportements addictifs peuvent faire oublier des événements pénibles ou accablants. Par exemple, certaines substances peuvent atténuer temporairement les symptômes associés à l’anxiété, la dépression ou la frustration chronique. Malheureusement, un grand nombre des conséquences destructrices associées aux comportements addictifs – par exemple les dommages causés aux relations, aux finances personnelles, à l’estime de soi et à la santé émotionnelle et physique ; l’accoutumance physiologique et, en fin de compte, l’intensification de l’anxiété, de la dépression et d’autres symptômes – peuvent plonger la personne encore plus profondément dans son addiction. À mesure que les conséquences associées au comportement s’aggravent, la personne se sent de moins en moins capable de régler le problème. Même lorsque la personne n’est plus gratifiée, elle peut continuer d’utiliser la substance afin d’éviter la détresse qu’elle éprouverait si elle mettait fin au comportement. Par exemple, un grand nombre de personnes qui ont une dépendance à une substance ont dit qu’elles avaient continué d’en consommer bien après avoir cessé de ressentir des effets agréables.

Approche biopsychosociale visant à comprendre la dépendance à une substance

Facteurs biologiques

Des recherches laissent croire que le risque d’avoir une dépendance dépend notamment de facteurs héréditaires. Ainsi, si le frère, la sœur, le père ou la mère d’une personne a déjà eu une dépendance, celle-ci a plus de risque d’en avoir une à son tour. Chaque jour, nous en apprenons davantage sur les aspects biologiques des addictions. En outre, les comportements addictifs pourraient entraîner des changements biologiques qui rendent la personne plus vulnérable à une rechute (réapparition du comportement).

Facteurs psychologiques

Toute expérience immensément gratifiante encourage la personne à la revivre. Un grand nombre d’aspects des comportements addictifs – les rituels, les facteurs environnementaux ainsi que les pensées et les sentiments qu’ils génèrent – peuvent nous aider à comprendre ces comportements. En général, les comportements addictifs produisent d’abord une gratification ; leurs coûts apparaissent plus tard ou s’accroissent avec le temps. Lorsqu’une personne éprouve une forte envie, que la gratification est instantanée et qu’il n’y a aucune conséquence négative à l’horizon, il est tentant de se laisser emporter par le moment.

Facteurs sociaux

Les addictions sont fortement influencées par les relations et les processus interpersonnels.

Les facteurs liés aux pairs déterminent en partie si une personne adoptera un comportement tel que le tabagisme ou la consommation d’alcool, de marijuana ou d’autres drogues pouvant causer une dépendance.

La disponibilité d’une substance a une incidence sur le risque qu’un comportement devienne addictif. L’augmentation du nombre de possibilités de jeu de hasard et d’argent en Occident a entraîné une hausse du nombre de personnes aux prises avec des problèmes de jeu dans la région. Parallèlement, l’interdiction de fumer dans les lieux publics et la hausse des taxes perçues sur le tabac, qui s’est traduite par une hausse des prix, ont réduit considérablement le nombre de fumeurs.

Les facteurs culturels influencent aussi la perception des gens en ce qui concerne les comportements acceptables et inacceptables.

Guide à l’intention des familles sur les troubles

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